Archive de la catégorie ‘Betisier de l’IA & Contre-argu’

les propositions de l’IA du Gard…

Jeudi 10 avril 2008

« Instruisez vos enfants chez vous (en ne vous rassemblant qu’à raison de deux familles au maximum);  nous allons réfléchir à l’organisation d’un RPI……….à la rentrée 2008″

cf: http://www.ecole-montagne-esperou.org/
et http://www.ecole-montagne-esperou.org/spip.php?article1

édito 23 sept 2007, Christelle (organisation de la classe sauvage animée par une institutrice à la retraite en attendant que l’école rouvre):

< Ils nous ont expliqué les dangers que couraient nos enfants dans cette situation ; par exemple, on peut envisager une chute dans l’escalier...
Sur ce point, nous estimons moins dangereux de risquer une chute dans l’escalier plutôt que dans un ravin...

D’autre part, ils nous ont appris que nous pouvions être considérés comme une secte, (et par conséquent allions être signalés au procureur de la République), attendu qu’ils avaient constaté que nos enfants étaient réunis, alors que nous ne devrions nous rassembler qu’à raison de deux familles au maximum.

J’ignore dans quelle mesure les propos tenus doivent être pris au sérieux. On nous accuse sans cesse d’illégalité ; Est-ce légal de pénétrer dans un local communal sans prévenir la mairie, afin d’impressionner les enfants et les adultes s’occupant d’eux ?
Peut-être était-ce une simple visite de courtoisie, dans le but de nouer un dialogue et de trouver une solution. Nous l’espérons.

Bêtisier de l’IA et Contre-argumentaire

Mardi 8 avril 2008

Ci-après 2 réactions au discours type d’un IA :
http://coordecolesruralesvienne.unblog.fr/files/2008/04/nr10.jpg

 

Au chapître du Bêtisier d’un IA, voir aussi :

- « L’école à domicile », alternative à laquelle l’IA du Gard renvoie impunément les parents!!

(…)

 

Ne manquez d’apporter vos contributions et de proposer d’autres thèmes à ce catalogue

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Madame l’Inspectrice d’Académie,

Permettez-moi de réagir à vos propos rapportés par la journaliste de la NR dans l’édition du 6 avril:

- les évaluations en CE2 et en 6ème ont jusqu’à présent montré que les résultats en classe à cours multiples (la majorité donc des classes en milieux ruraux) étaient au moins égaux voir supérieurs à ceux des autres (Françoise Oeuvrard, direction de l’évaluation et de la prospective de l’éducation nationale; Pierre Champollion, co-fondateur de l’observatoire national de l’école rurale et inspecteur d’académie…). Si vous avez connaissance d’autres éléments contradictoires, il est de votre devoir de les livrer au grand public. J’attends donc avec impatience les références des travaux qui vous permettent une telle assertion.

- vous citez le turn-over des enseignants sur ces postes, que je ne peux quant à moi constater sur les deux classes uniques -sur les 3 ou 4 existantes encore aujourd’hui dans la Vienne- que je connais le mieux: La Puye 4 enseignants en 28 ans, Moussac 2 enseignants en 30 ans! Ce turn-over qu’on constate alors aussi dans les classes urbaines difficiles n’est pas pour autant un argument pour leurs suppressions? Dans ce cas, on trouve normal de rechercher des solutions (rémunérations plus importante, avantages dans l’avancement sont des pistes citées par exemple); dans l’autre, on condamne la structure elle-même. De plus, au moins sur le poste de Moussac, je sais qu’il y avait au moins un nom d’enseignant volontaire à vous proposer et pas seulement pour une année.

- vous avancez le RPI comme une panacée universelle… Pour qui? Pour les parents qui ont du mal à s’emparer de cette structure RPI parce qu’éclatée, éloignée de leur quotidien pour le plus grand nombre des années de scolarité de leurs enfants? Pour les enfants qu’on trimbale dès l’âge de 3 ans dans des bus inconfortables, allongeant quelquefois d’un tiers le temps scolaire? Pour des enseignants, qui sont autant isolés que dans une classe unique comme vous les décrivez? D’ailleurs à ce propos, je constate que les enseignants des classes uniques que vous supprimez cette année, Luchapt et Moussac, travaillent en équipe avec d’autres écoles, souvent dans des temps bénévoles d’ailleurs, depuis de nombreuses années, au sein de RERVG; davantage que certains maîtres de certaines écoles ou de certains RPI dont vous faites la promotion…

- vous définissez le nombre pour faire un groupe, le nombre pour faire émulation mais il s’agit là de vos représentations pour lesquels vous ne présentez aucun étayage. Permettez-moi de défendre une autre représentation, appuyée par mon vécu de père sur une période de 20 ans: mes 4 enfants qui ont tous fréquenté, de manière très échelonnée, la classe unique, ont beaucoup profité de la coopération entre les âges: cela ne vaut-il pas l’émulation dont vous parlez qui serait selon vos dires l’apanage d’enfants de même âge, ce qui me fait penser davantage à de la compétition qui ne dit pas son nom? Ils ont aussi beaucoup travaillé avec d’autres enfants de même âge à travers les activités du RERVG et les outils utilisés (depuis la télématique jusqu’à internet aujourd’hui) sans supporter le bruit, l’agitation, les conflits liés à la permanence du trop grand nombre d’interactions assumables pour leurs âges. Partout, dans les pays où les écoles réussissent le mieux (enquète PISA et PIRLS), dans la formation pour adultes, on vante les atouts des petits groupes de travail qui se confrontent au collectif ou au plus grand groupe lors des socialisations de leurs savoirs, de leurs recherches, de leurs croyances même. C’est ce qu’ils ont vécu grâce à ce réseau pédagogique. Cette habitude leur est restée et a toujours été remarquée de manière positive dans leur scolarité postérieure.

Je pense que le débat serait plus clair si la représentante de l’état que vous êtes disait très simplement que les suppressions de postes ne le sont que pour faire réaliser des économies à l’état. Il aurait le mérite de placer les choses à leur place. Ce pourrait être aussi une position alors bien plus défendable que celle qui est tenue aujourd’hui.

Cette dernière remarque à visée strictement économique m’a déjà fait suggérer à des contribulables bien naturellement sensibles à cette baisse de charge d’étudier si elle n’était pas plutôt un transfert qu’une réelle diminution car le surcoût des transports nécessaires, des équipements en sus qui seront peut-être à créer dans des lieux quand ils existent ailleurs (je pense par exemple aux structures maternelle) devra bien être réglé non plus par l’état certes, mais par les collectivités locales. Dans tous les cas, il s’agit d’argent public, de celui qui vient de nos poches à tous, qu’il soit destiné à l’état, au conseil général, à la commune…

Enfin, si je m’adresse à vous en tant qu’ancien parent d’élèves (mes enfants sont à l’université aujourd’hui) et actuel parent d’élève (j’ai un enfant en grande section) de classe unique, je n’en ai pas moins été enseignant aussi en classe unique pendant 18 ans et élu local lors des 7 dernières années. Je crois donc pouvoir parler de la place de tous les acteurs de l’école à classe unique et pouvoir ainsi prétendre à une crédibilité qui en vaut bien d’autres…

En vous remerciant d’avoir bien voulu prêter attention à mes remarques et en attendant d’être convaincu par vos réponses, respectueusement, un parent d’élèves de classe unique

Frédéric GAUTREAU, enseignant à Sillars
http://coordecolesruralesvienne.unblog.fr

http://alecole.educ.cg86.fr/sites/rervg/

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Dans son interview, elle parle de RPI comme solution…
En Loir-et-Cher, plus de classe unique, tous les villages sont en RPI à
part ceux qui ont pu garder 3 classes ou ceux qui n’ont carrément plus
d’école… et pourtant, les classes ferment en milieu rural et
l’administration a le même discours: les petites écoles en milieu rural
leur posent problème… les postes sont fuis et il y a un énorme
« turn-over » de jeunes enseignants.
Pourtant, nous savons qu’il est possible de réussir et d’être heureux en
milieu rural… mais se sont-ils jamais intéressés à ces écoles?
Qu’ont-ils introduit dans la formation initiale qui sorte de ces écoles?

Non, le RPI n’est pas une solution, c’est un moyen de fermer plus de
classes à terme en mutualisant les moyens. C’est de la « rationalisation »
sur le dos des populations.

Résistez… Résistons!

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Philippe Wain, Cycle 3, Bauzy (41)